EDITORIAL DU PRÉSIDENT DE L’APAMPA (ex-SAMA) 

NEWSLETTER APAMPA MARS 2026

Chers amis,

Il n’est pas très facile en cette période si mouvementée d’écrire quelques lignes faites pour réfléchir, voire méditer. Comme la plupart d’entre vous j’ai été élevé dans un certain respect des valeurs, enseignées dans notre république, dans nos religions, dans nos orientations philosophiques, dans  notre ambiance familiale. Notre activité professionnelle tournée vers le soutien aux autres au prix parfois de grands sacrifices n’a fait qu’entretenir ce climat propice à l’épanouissement de ces valeurs, tout en les modifiant , les adaptant , les modulant au gré des circonstances et des cultures rencontrées, mais toujours elles ont soutenu nos actions, nos positions , notre façon de vivre au prix parfois de quelques entorses, reconnaissons-le . 

Mais voila que cette colonne vertébrale qui nous a soutenus est battue en brèche par les grands dirigeants de ce monde , qui au mépris des principes les plus fondamentaux, déclarent des guerres de plus en plus meurtrières foulant au pied toutes les conventions internationales, selon l’application de la loi du plus fort, celle qu’appliquait l’homme de Neandertal, méprisant les siècles de culture de Shakespeare, Goethe, Spinoza, Epicure , Kant et Voltaire et tant d’autres, bien entendu. Qu’allons-nous pouvoir dire à nos enfants, enseigner à nos petits-enfants , quel exemple allons-nous laisser, nous qui nous croyons redevables des sacrifices de nos anciens à Verdun , à Auschwitz ou à Hiroshima : la guerre en Ukraine et ses turpitudes, les assassinats en Israël et les atroces vengeances sur Gaza ? Et cette guerre iranienne décidée un beau matin, sans aucune consultation internationale, dans un but qui reste encore flou, par des va-en guerre pour lesquels le prix du sang n’est qu’une valeur économique ? Que disent nos intellectuels bien silencieux et trop prudents hélas ?

Alors il est plus que temps de se réunir pour faire entendre ceux qui ne peuvent plus parler, pour défendre les droits des plus délaissés d’entre nous, et pour bien d’autres actions encore. A une toute petite échelle, nous pouvons le faire au sein de notre nouvelle association l’APAMPA, qui n’aura rien à voir avec une quelconque démarche politique mais se mettra en action au service du quotidien de chacun d’entre nous qui en ressentira le besoin. Ce pourra être un début de réponse concrète à ceux qui se permettent de mépriser l’humanité pour satisfaire leurs instincts les plus bas . 

Pouvons-nous compter sur toi ?

Amicalement

Dr Bernard LEFEVRE (Président provisoire de l’APAMPA)

PETIT POINT SUR UN GRAND POINT : la loi sur la fin de vie

Historique :

Le 09 juin 1999 une première loi est publiée pour garantir l’accès aux soins palliatifs.

Cette loi est confortée par la loi Kouchner du 04 mars 2002 qui confirme le droit d’accès aux soins palliatifs, impose le consentement libre et éclairé du patient aux soins qui lui sont proposés et reconnait son droit de refuser un traitement 

Une première législation régissant les soins palliatifs nait le 22 avril 2005 avec la loi LEONETTI. Elle interdit l’obstination déraisonnable et instaure une procédure collégiale pour la gestion des soins ainsi que l’incitation du patient à formuler des directives anticipées concernant sa fin de vie et la désignation d’une personne de confiance.

Le 02 février 2016 la loi CLAEYS-LEONETTI introduit la possibilité, sur demande du patient, d’une sédation profonde et prolongée jusqu’au décès. Il s’agit toujours d’un soin de confort   et non d’une pratique euthanasique.

Le point actuel :

Suite à des positions politiques  relayant l’évolution des mentalités dans la population générale et la connaissance des pratiques de la fin de vie dans d’autres pays occidentaux 
(Belgique , Suisse ,Angleterre , Canada…) une proposition de loi établie par le député FALORNI le13 septembre 2022  vise à autoriser le suicide assisté et l’euthanasie pour les personnes souffrant d’une maladie grave et incurable en phase avancée ou terminale et présentant une souffrance physique ou psychologique insupportable et réfractaire aux traitements

Un débat est organisé dans le cadre d’une convention citoyenne le 12 octobre 2022, 

Le Gouvernement officialise le contenu de son projet de loi sur la fin de vie en 21 articles  e10 avril 2024. Projet qui n’aura pas le temps d’être discuté puisque survient la dissolution de l’Assemblée Nationale le 09 juin 2024

Le 11 avril 2025 les députés reprennent leurs travaux concernant la fin de vie autour de deux propositions de loi :

  • la première visant à renforcer l’accompagnement et les soins palliatifs est adoptée à l’unanimité de l’Assemblée le 28 janvier 2026
  • (https://sfap.org/synthese-et-decryptage-de-la-ppl-visant-a-renforcer-laccompagnement-et-les-soins-palliatifs)
  • La deuxième (05 février 2026) concernant l’aide à mourir (https://sfap.org/synthese-de-la-ppl-relative-a-la-fin-de-vie)

(décryptage proposé par la SFAP : https://www.sfap.org:decryptage-16-02-26-de-la-ppl-relative-au-droit-a-laide-a-mourir) est rejetée par le Sénat, et réadressée à l’Assemblée 

En deuxième lecture, et après discussion d’environ 2000 amendements .

Sont retenus les points suivant concernant l’éligibilité au droit à mourir :

– Être âgé d’au moins 18 ans ;

– Être de nationalité française ou résider de façon durable ou résider de façon stable et régulière en France ;

– Être atteint d’une affection grave et incurable qu’elle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital , en phase avancée, caractérisée par l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte a qualité de vie, ou en phase terminale ;

– Présenter une souffrance physique ou psychologique constante liée à cette affection, qui est soit réfractaire aux traitements , soit insupportable selon la personne lorsque celle-ci a choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter de recevoir un traitement ;

– Être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée.

Il faut noter que ces critères sont cumulatifs ce qui a fait rejeter un amendement sur la possibilité de l’aide à mourir dans le seul cas d’une souffrance psychologique.

Dans une première mouture il était proposé que le patient puisse décider de son choix entre le suicide assisté et l’euthanasie par un personnel soignant, médecin ou infirmier. Cette proposition n’a pas été retenue. Seul le suicide assisté est accepté avec dans les cas extrêmes où le patient n’est pas en capacité physique de s’administrer le produit létal la réalisation de l’euthanasie par un médecin ou infirmier.

La participation d’un soignant à une pratique euthanasique est toutefois subordonnée à une clause de conscience.

Par contre il existe un délit d’entrave pour tout fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur l’aide à mourir.

L’ensemble de cette proposition de loi a été adoptée le 25 février 2016 à 15h par 249 voix sur 226 

LA SUITE :

Le nouveau texte adopté par l’Assemblée va repasser au Sénat à compter du 26 avril prochain, puis sera certainement débattu en commission consultative paritaire (sans grand succès à en espérer ! ) ce qui laisse prévoir un vote conclusif solennel d’ici juillet et une mise en application possible en janvier 2027.

Donc…à suivre !

ARTICLE DU DR MICHEL HAMON

LA FIN DE  VIE , LA LOI , LES FRANÇAIS ET LES SOIGNANTS EN 2026

Réflexions personnelles d’un médecin anesthésiste réanimateur  qui connaît la question , membre du comité d’éthique et du comité de soins palliatifs de son établissement

C’est fait : notre Parlement a voté la loi autorisant l’aide à mourir ( les termes restent à fixer , euthanasie , suicide assisté  …).

C’est une obsession de notre Président , c’est une demande de beaucoup d’associations et de français ( quelle proportion ? personne ne sait trop  , les sondages sont très dépendants de la manière de poser la question ), et c’est une inquiétude pour nous autres soignants.

Partons d’un constat : au moins 5000 français partent décéder à l’étranger chaque année , 
il y a une demande certaine.

Considérons une autre vérité : plusieurs pays ont légalisé cette aide à mourir , et leurs sociétés semblent partager les mêmes valeurs morales que les français , j’écris bien valeurs et non éducation et poids sociétal.  (5% des décès au Canada ! 16 500 personnes en 2024) 

Troisième vérité : en ces temps de pénurie budgétaire il existe un poids économique non négligeable , qui de fait peut déranger. Partir mourir à l’étranger coûte 5000 à 20 000 € . Soyons aussi très clairs : pour les familles, les assurances complémentaires santé et la Sécurité sociale , ainsi que pour les caisses de retraite mieux vaut mourir que de vivre et coûter longtemps . 

Comme en son temps l’IVG c’est un débat passionnel, qui nous dépasse en tant que soignants , mais comme pour l’IVG les soignants se retrouvent en première ligne avec une société qui nous pousse dans le dos …pour nous y placer .

Nous avons tous été confrontés à une demande de mort d’un patient , plus ou moins explicite .Les recommandations de nos sociétés savantes et de l’Ordre sont claires : ce n’est pas notre rôle.

Le soignant a un devoir non pas de guérison mais de soins et de compassion. La loi est venue nous aider , elle s’est adaptée  au cours du temps et a été bien accueillie : pas d’acharnement thérapeutique , lutte contre la douleur et l’inconfort , au besoin sédation terminale .(Claeys-Léonetti , 2016 ) . 

Quatrième vérité : cette loi très claire est mal connue et mal appliquée , notamment par les hospitaliers  alors que 40  à 60%  des français décèdent à l’hôpital ! Reconnaissons toutefois que les soins palliatifs font défaut en France en 2026  , par manque de structure ou d’organisation , par manque de volonté , et plus prosaïquement par manque de personnels et de budget . Le Parlement a voté à l’unanimité -chose rare- le vœu pieu de les généraliser , mais au lieu de s’en réjouir et de demander tout de suite les mesures concrètes les commentaires sont tous pour la fin de vie provoquée !

Nous ne pouvons qu’obéir à la loi , en faisant jouer si besoin notre clause de conscience qui a été introduite dans le texte voté. De nombreux problèmes pratiques vont se poser ( qui ? ou ? avec quelles équipes ?), sans parler des problèmes moraux et éthiques déjà rapportés de l’étranger avec des excès certains .

Ce qui est frappant est que nos élus , mais vraisemblablement la population aussi , font confiance aux médecins et autres soignants , en médicalisant cette pratique . C’est pour eux une caution sinon de qualité ( on ne parle dans la manière de tuer du texte  que de « potion » ou « injection » létale ) mais plutôt morale : si c’est le médecin qui décide c’est sérieux ! Personne ne se voit confier cette tâche à un exécuteur non soignant, ce qui serait pourtant très logique ( l’employé de l’Etat s’appelait le bourreau , hélas le terme est devenu péjoratif )  , mais rappelons que le débat est passionnel mais aussi cynique : la loi a été votée car les soignants seront impliqués !

Nous pouvons d’ores et déjà prévenir de notre orientation personnelle  sur cette question : pour ou contre. Finalement c’est un choix binaire très simple . 

– Beaucoup de soignants se sont déjà positionnés , notamment la SFAP (société française d’accompagnement et de soins palliatifs ), clairement contre la mort administrée mais pour la loi CL . La SFAP est une organisation de soignants. C’est à ce titre qu’elle parle. Il y a une demande de la société concernant l’aide à mourir. Ce à quoi la SFAP s’oppose, et c’est dit de manière très claire par le CNOM et par les Académies de médecine et de chirurgie, c’est que s’il y a une réponse qui doit être faite à cette demande, elle doit être faite en dehors du soin, elle ne doit pas être faite par des soignants, pour préserver la relation de soins. 

– Comme pour l’IVG  beaucoup ne voudront pas en entendre parler : mauvaise publicité pour l’établissement , acte dévalorisant et mal payé , tracas administratifs sans fin en sont les causes les plus évidentes

– Moralement , et comme avec l’IVG, à nous d’interroger notre morale et notre éthique : peut-on soigner  d’un côté et par ailleurs  répondre à cette nouvelle  demande de la société ?

La SFAP dit haut et fort non à l’euthanasie. Mais le suicide assisté, c’est autre chose. Une forme de suicide assisté qui ne serait pas du tout médicalisé (ou qui n’impliquerait que des soignants volontaires), qui serait en dehors de la relation de soins et du système de soins, c’est autre chose à propos de laquelle nous n’avons pas de légitimité pour débattre. Nous ne sommes pas législateurs.

Pour information : articles publiés sur JIM.fr 20/02/2024 et 03/04/2026 notamment

La grève des médecins (Article du Dr François CHASSAING)

J’ai participé à la grève des médecins libéraux en Janvier 2026 .

J’ai appris par mes infirmières qu’il y aurait une grève …dès Décembre 2025 ! 

Première remarque : l’information va vite ! 

Mes infirmières se demandaient quel serait l’impact sur l’activité de la clinique et  leur travail ; la cause de la grève ? « ils veulent défendre leur secteur 2 ! « 

Deuxième remarque : c’est vrai …et faux à la fois , les causes étaient multiples , l’information initiale  s’est bornée à un raccourci trompeur .

Le mouvement de grève a été lancé par le BLOC , regroupant les syndicats majoritaires des praticiens libéraux exerçant au bloc opératoire , à savoir chirurgiens , anesthésistes-réanimateurs et gynécologues -obstétriciens. Ce mouvement a été rejoint successivement par d’autres syndicats au fur et à mesure des propositions de loi de nos représentants nationaux ( députés et sénateurs ) , dans le cadre du vote du budget de l’état , dont celui de la Sécurité Sociale ( le grand cirque auquel nul français n’a pu échapper en cette fin d’année 2025   ). 

Bref le jour dit la grève annoncée a lieu , avec une manifestation publique d’ampleur le Samedi   venue s’y ajouter en préambule pour bien marquer le début , puis le lendemain l’exil à Bruxelles bien médiatisé : c’était Dimanche , il faisait beau , et les journalistes voulaient « coller » à l’information nationale de la veille . 

Je passe sur mon exil bruxellois , retenez 2 choses : 

– comme dans les congrès j’ai eu plaisir à retrouver de vieux camarades ! 

-l’économiste sollicité pour nous faire un point sur l’économie de la Santé en France ( M. Bizard ) ayant eu carte blanche a pu s’exprimer sans freins , ce qui nous a bien changé des pseudo débats radio télévisés et des discours politiques sur le sujet . 

Vous connaissez la suite , le retrait de plusieurs mesures aussi scandaleuses qu’inefficaces , la médecine libérale rassurée au moins pour cette loi et avec ce gouvernement.

Une particularité toutefois : l’exil à Bruxelles avait  été prévu pour éviter la réquisition , une réquisition en bonne et due forme doit en effet  être remise en main propre après avoir constaté un état d’urgence bien motivé ). 

Ma troisième remarque est que plusieurs préfets ont réquisitionné des médecins ( comme quoi la médecine libérale est de factoindispensable !) et souvent en toute illégalité !  à l’avance et par téléphone ( comme quoi les fonctionnaires de l’état s’arrogent des droits qu’ils n’ont pas ) , mais cela n’a choqué que peu de monde …

Au final qu’en retenir ? 

A force de discussions avec les collègues mais aussi monsieur Tout le monde , nous avons tous été frappé de la méconnaissance des français sur notre système de santé .

 Cette méconnaissance est générale , la population française dans son ensemble est mauvaise en calcul et mathématiques ( probabilités , sondages ) , plus généralement en sciences « dures »  ,  mais cela nous le savons tous .Mais les français ne savent pas non plus comment fonctionne l’assurance maladie : la population est droguée à la Carte Vitale , comme si la santé était gratuite. La conséquence ? une vérité  qui a éclaté dans cette grève  est que la Sécu dicte ses lois … et que personne n’ose la contredire !  Députés et partis politiques( et encore moins le gouvernement actuel ! ) n’ont aucune autre solution concrète et viable à court , moyen et long terme à proposer ! Quand la Sécu rembourse les médecins la population …et nos élus ( ! ) croient que c’est le bon chiffre , le vrai prix de la santé ! Du fait beaucoup de journalistes nous ont confié leur incompréhension de notre grève ! Et nos élus , tant locaux que nationaux ne savent pas ce qu’est une clinique privée , une entreprise qui doit vivre en vendant un service de plus en plus mal payé.

L’affaire des dépassements d’honoraires censés réduire l’accès aux soins est l’illustration parfaite : sans ces dépassements la médecine libérale disparaît ! Vous pouvez consulter et faire consulter un site ( honoraires .app ) qui aligne 3 courbes depuis 2004 : prix de l’acte remboursé par la Sécu , prix aligné sur l’inflation , et prix aligné sur les tarifs des assurances complémentaires santé. Pour information la  courbe Sécu est le plus souvent une droite plate … depuis 2004. 

Moralité :  l’information est la clef .

Les médecins libéraux ont pu faire passer un message , la population et les responsables doivent regarder la Sécurité Sociale pour ce qu’elle est une administration comme une autre et la Santé une affaire trop sérieuse pour être confiée au gestionnaire et laissée à la merci des courants politiques du moment . Et affichez donc le site dans votre salle d’attente !

Article du François Dr François CHASSAING

APPEL DE COTISATION 2026 :

Chères camarades, chers camarades,

En ce début d’année, je me permets de rappeler à chacun la nécessité de soutenir le SAMA qui va devenir à brève échéance l’APAMPA

La cotisation des membres actifs reste à 140€, pour ceux d’entre nous qui sont à la retraite ou les familles, elle est de 70€. 

Vous pouvez également y ajouter une aide de soutien qui sera bienvenue.

En échange vous recevrez une attestation fiscale afin de pouvoir bénéficier d’une déduction fiscale.

Pour cela, vous pourrez procéder soit:

–  En envoyant un chèque libellé à l’ordre du SAMA à l’adresse du trésorier ; 79 rue de Tocqueville 75017 – PARIS

–  En effectuant un virement sur le compte du SAMA (RIB joint).

Par ailleurs venez et refaisons connaissance en venant participer et échanger à l’occasion de l’AG du SAMA – APAMPA le 6 juin 2026 au siège du SAMA-APAMPA : 79 rue de Tocqueville 75017 – PARIS

Par avance nous vous remercions.   

Dr Xavier LONIEWSKI, (Trésorier)